Histoire de la Coiffure Européenne

 

 

 

Un peu d'histoire:

 

 

 

Les styles de coiffure ont varié selon les époques et selon les cités mais il existait néanmoins quelques traits communs.

 

Durant la période classique (500 – 323 av. J.-C.), tous les grecs avaient les cheveux frisés, naturellement ou non, pour se différencier des Barbares. Les jeunes garçons portaient les cheveux longs jusqu'à 18 ans. Passé cet âge, ils devaient se coiffer comme les adultes, c'est-à-dire avoir des cheveux courts et bouclés. Pour aller au gymnase, ils serraient un bandeau autour de leur tête.


Les esclaves avaient toujours le crâne rasé.
Les femmes avaient les cheveux longs et bouclés avec une raie au milieu, tirés à l’arrière et retenus par un nœud, le chignon étant plutôt réservé aux servantes. La plupart du temps, le crâne et les chignons étaient recouverts d'un tissu ou d'un filet. Les cheveux étaient parfois teints ou couverts de poudre colorée.


Il faut signaler le cas particulier des Spartiates. À cause de leur image guerrière et austère, il est courant de penser qu’ils se rasaient les cheveux. Au contraire, les adolescents avaient les cheveux courts alors que les adultes les avaient longs. Les redoutables guerriers spartiates se peignaient longuement avant de combattre, peut-être pour évacuer la tension.

 

Avec la période hellénistique (323 – 31 av. J.-C.), les coiffures des hommes se firent plus simples alors que celles des femmes se compliquèrent. Alexandre le Grand demanda à ses soldats de se couper les cheveux très courts et de se raser la barbe pour que leurs ennemis ne les attrapent pas lors des combats rapprochés (Plutarque 46-120 après JC), et les civils les imitèrent.

 

 

L'évolution de la mode des coiffures en Occident, et plus particulièrement en France

 

À la fin de l'Antiquité

Suite aux nombreuses invasions, la Gaule était devenue une véritable mosaïque de peuples : des Romains aux cheveux courts, des Gaulois avec des cheveux un peu plus longs, et des Francs dont la chevelure pouvaient atteindre les genoux.

 

Entre les Francs et les Romains, aux visions diamétralement opposées sur la coupe des cheveux, il est facile de comprendre que la coiffure devint un véritable enjeu politique. Les Romains auraient surnommé Clodion, premier roi des Francs régnant sur la Gaule (448-457), le Chevelu, parce qu'il aurait permis à ses habitants de laisser croître leurs cheveux, ce qui leur avait été défendu depuis les conquêtes de César.

 

L'historien Havyn, quant à lui, pense que ce surnom lui vint de l'ordre donné aux Francs de porter de longs cheveux, afin qu'on ne pût les confondre avec les Romains qui les avaient très courts. L'abbé Trithème (1462-1516) a dit, au contraire, que ce roi reçut ce surnom, parce qu'il fit couper les cheveux aux Gaulois pour les distinguer des Francs. Enfin une quatrième opinion est celle qui attribue cette appellation au privilège qu'avaient seuls les membres des familles princières de laisser croître leurs cheveux : « Jamais, dit l'historien Agathias (531-580), on ne coupe les cheveux aux fils des rois des Francs. Dès leur première enfance, leur chevelure tombe d'une manière gracieuse sur leurs épaules ; elle se partage sur le front et se range également sur la droite et sur la gauche ; elle est pour eux l'objet d'un soin tout particulier. »

Le Haut Moyen Age (476-1108)

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Clovis et ses successeurs essayèrent d'assimiler la culture gallo-romaine à celle des Francs. Ainsi, les Rois et les Reines mérovingiens (481-751) portaient les cheveux longs libres, signe germanique de la royauté, et la tunique pourpre comme les Empereurs romains.

 

La noblesse portait les cheveux longs à proportion de son rang et de sa naissance.

 

Le peuple était plus ou moins rasé. L'homme serf l'était tout à fait.

Les moines adoptaient la tonsure lors de leur ordination pour signifier qu'ils étaient les serviteurs de Dieu.

 

Dans une telle société où la coiffure marquait le rang social, il est facile de comprendre que la calvitie était vécue comme une infamie.

 

Les jeunes filles allaient tête nue alors que les femmes portaient un voile couvrant le cou, les oreilles et une partie de la chevelure, en accord avec les usages francs et ceux de l'Église (« Toute femme qui prie sans avoir la tête voilée déshonore sa tête » Saint Paul, Première Épître aux Corinthiens, XI,

Le Bas Moyen Age (1108-1453)

 

Au XIIIe siècle la mode devient plus austère, il est rare, à part les jeunes femmes, de voir des femmes aux cheveux libres dans les enluminures... elles portent plutôt des voiles ronds ou semi-circulaires (gisant d'Aliénor D'Aquitaine), fixés sur une barbette, une guimpe pour les femmes plus âgées (on peut inférer l'âge des personnages sur les scènes illustrant des bibles). Un élément typique de la coiffure du XIIIe siècle est le touret, sorte de cylindre qui entoure la tête (comme on le voit sur l'illustration issu du Codex Manesse ci-dessus... cette coiffure est encore en vigueur au XIVe). Parfois le dessus est fermé, c'est le mortier. Le touret est généralement porté sur un voile, qu'il permet de maintenir... les reines portent une couronne qui remplit cet office (Blanche de Castille). Les personnages féminins du portail nord de la Cathédrale de Chartres constituent un bon témoignage de ces différentes coiffures. Les femmes du peuple ou au travail portent des coiffes de travail faites d'un voile/linge diversement replié sur les cheveux. Dans la bible de Maciojewski une coiffure de travail particulière revient à plusieurs reprises, la coiffe est maintenue par plusieurs tours d'un galon (?) clair évoquant des pratiques antérieures, la reine Bathilde (Mérovingienne) disposait dans les vêtements avec lesquels elle fut enterrée (Trésor des Saints de Chelles) de plusieurs mètres d'un galon destiné à maintenir son voile.

Il existe des discussions sur le fait que les femmes aux cheveux libres seraient des prostituées... mais deux scènes présentant des courtisanes au XIIIe siècle dans la bible de Maciojewski et sur les vitraux de la cathédrale de Chartres vont à l'encontre de cette opinion. Les femmes représentées ont différentes coiffures, et il y a dans les deux cas une femme portant un touret. Plus tard en effet la coiffure, ou la couleur du vêtement, sont des signes distinctifs de cette condition.

XIVe siècle Il y a différentes coiffures féminines extravagantes :

  • cheveux relevés sur les tempes en deux chignons dits « truffeaux » qui sont surmontés par le balzo (ou balso est un bourrelet de brocart ou de velours).
  • cheveux nattés en deux tresses enveloppées sur les oreilles dans une résille dites « crépines ».

Le balzo est répandu à la fin du XIVe siècle, il est fixé, avec les cheveux peignés en arrière, fixés par des fils d’or ou des rubans sur une légère armature ou une résille. Voir le tableau de Parmigianino, La schiava turca (L’esclave turque).

Au XVe on observe aussi une grande variété de coiffures dont le hennin (le fameux "chapeau de fée" en forme de cône), le hennin à cornes, le hennin tronqué, la gonelle qui est un dérivé du chaperon2 à bouton ou lacet à la visagière suffisamment ouverte pour qu'on ne parvienne plus à le fermer, avec un long prolongement : le liripipion.

La Renaissance (XVIe et XVIe siècles)

Vers la seconde moitié du XVIe siècle c'est l'Espagne qui domine l'Europe et impose ses modes.

La mode est à la fraise ; pour s'adapter, les coiffures sont dégagées vers l'arrière et élevées sur l'avant (souvent renforcées avec de l'empois ou du rembourrage).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



19/07/2012
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